Plus de sept Québécois sur dix estiment que le gouvernement du Québec devrait prendre l’initiative de proposer des réformes constitutionnelles, selon un sondage Léger Marketing réalisé dans la foulée d’un colloque qui se tiendra du 12 au 14 avril prochain à l’Université du Québec à Montréal et qui marquera le trentième anniversaire du rapatriement de la Constitution canadienne sans l’accord du Québec.
L’enquête sur la perception des Québécois et des autres Canadiens face aux événements de 1982 et à leurs conséquences politiques, a été menée du 5 au 12 mars dernier pour le compte de l’Association internationale des études québécoises. Les données recueillies viennent mettre un bémol à certaines idées reçues selon lesquelles “le fruit n’est pas mûr” et qu’il n’y a aucun appétit pour des pourparlers constitutionnels. Même dans le reste du Canada, un Canadien sur deux croit que c’est au gouvernement du Québec de prendre l’offensive et de mettre de l’avant ses revendications.
Le sondage nous apprend également qu’aux yeux de plus des deux tiers des Québécois, le Canada devrait donner plus de pouvoirs à l’Assemblée nationale et au gouvernement du Québec. Dans le reste du Canada, près de 4 répondants sur 5 s’opposent à l’attribution de nouveaux pouvoirs. Et s’il s’avérait impossible de changer la Constitution de manière satisfaisante pour la majorité des Québécois, un peu plus de 44 % d’entre eux croient que le Québec devrait se retirer de la fédération canadienne pour devenir un pays indépendant. Près de 39 % des répondants québécois s’accommodent du statu quo constitutionnel.
Autres faits saillants :
- Une personne interrogée sur deux au Québec sait que la conférence constitutionnelle de 1981 à Ottawa portait sur le rapatriement alors que dans le reste du Canada cette connaissance tombe à 30 %, un écart de 20 points de pourcentage.
- Près d’un Québécois sur deux trouve que la non-adhésion du Québec à la Constitution a eu des conséquences importantes. Dans le reste du Canada, cette perception est partagée par 42% des répondants.
- Plus de la moitié des Québécois estime que le gouvernement fédéral a eu tort de rapatrier la Constitution contre la volonté du Québec. Environ un Québécois sur 5 croit au contraire qu’il a eu raison. Dans le reste du Canada, c’est plus d’une personne interrogée sur deux qui approuve la décision d’Ottawa.
Une analyse approfondie et d’autres données tirées de ce sondage autour de l’enjeu constitutionnel seront présentées dans le cadre du colloque 30 ans après le rapatriement, l’état des lieux. Quel bilan ? Quelles perspectives ? Ce colloque réunira du 12 au 14 avril à l’UQAM des chercheurs, des acteurs politiques, des journalistes et autres observateurs de la scène publique.
MÉTHODOLOGIE DU SONDAGE :
Le sondage a été réalisé par Internet du 5 au 12 mars 2012 auprès de 2039 personnes dont 1002 au Québec. La marge d’erreur est de plus ou moins 2,2% dans 19 cas sur 20.

